ce 4 mars, jour de fête qui (re)tourne à l’angoisse

Comme le soleil, ça brûle rouge entre deux bandes de gris. Nuages en reflet sur l’onde, tristesse qui point entre deux éclats de rire. Pourquoi etc., grosse fatigue.

Aller vers les élèves, les profes, l’anniv’ de l’une d’elles, penser à son sourire et espérer le meilleur pour elle et les têtes blondes brunes ou rousses, nos espoirs de vie meilleure, mais nos doutes et nos peurs pour le futur, aussi. Traquer le vert des bourgeons dans la masse brune des bosquets en réveil de fin d’hiver. Oser imaginer que les oiseaux resteront libres d’aller et venir de la rivière aux chênes, toujours, tandis que les traces rectilignes des avions continueront à s’évaporer tel un sillage dans le ciel immense, pour porter vers l’Est qui s’obscurcit un message de paix. Peut-être.

L’angoisse sourd pourtant dans tout mon corps, étreint ma gorge et amenuise mon souffle. Les ressentis prémonitoires, les ombres planantes des soucis et des craintes, la fragilité de l’humanité bercée par la douceur du jour qui point, pourtant.

La brume monte du fond de l’anse, les canetons promènent leur silhouette jolie dans les miroitements du soleil prêt à se dégager de la ligne grisâtre de l’horizon. Bientôt il jouera dans les branchages sa mélodie quotidienne d’ombres chinoises. La buse traverse l’espace entre bois et taillis, la suivre du regard c’est partir en voyage, merci. Les idées sombres s’effilochent avec les secondes, il est temps de reprendre l’agenda, au boulot, direction le collège, les esprits et les âmes à éveiller guider observer grandir.

Ce midi écouter Lola Lafon sur France Culture, merci pour ces mots, ces pensées ces souvenirs ressortis de sous les cendres de la mémoire, pour ces éclats de lumière posés entre deux zones d’ombre si dense.

Et là, en rentrant du collège où l’amie profe fête son anniversaire entre deux cours d’Éducation aux Médias et à l’Information, Baptiste Beaulieu relaie l’actu qui effraye, offusque et fait suffoquer d’indignation. L’angoisse du matin revient, sonne à présent comme un pressentiment : l’ordure en chef a encore frappé, coup bas porté à l’intelligence humaine, risque de destruction imminente de la liberté des consciences… Le jour où on commémore la mort d’Anne Frank à Bergen-Belsen en 1945. Fallait le faire. De celle qui aurait dû devenir la plus grande écrivaine du XXe siècle, si seulement… , il ne resterait donc que le souvenir, quelques pages lues à 30 millions d’exemplaires et traduites en 70 langues…

Mon cœur en pierre lourde sombre dans la rivière, vite quelqu’un, corps léger âme pure, pour le libérer de ce poids immense ! Au loin le crépuscule naissant, apaisé.


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